LES AIMANTS DU POPULISME

En dépit de la défaite du Fidesz en Hongrie, la carte du populisme européen, hélas, se précise.

Le Royaume-Uni, l’Allemagne, la France et l’Espagne sont dans le viseur des partis extrémistes de droite. Ces derniers se veulent souverainistes, anti-européens, d’une xénophobie assumée, ouvertement vendus à l’étranger qu’il soit Russe, Chinois ou Américain.

En contrepoint, les extrêmes gauches dotées de scores électoraux plus faibles et lestées par leurs passifs historiques totalitaires, se glissent dans le rôle de protectrices des victimes. En surjouant les misères, en ajoutant aux utopies pour masquer le caractère archi-archaïque de leurs vulgates, elles échappent aux réalités et volent ainsi au secours du populisme de « droite ».

Le « grand soir » joue le « deuxième tour ».

Tous ces esprits corrompus sont vides. Nulle vision d’ensemble, nulle articulation de politique institutionnelle, économique et sociale.

RIEN, à l’extrême droite comme à l’extrême gauche.

Si ! Peut-être du « media training » payé par les sponsors. Soit apprendre à se « taper la discute » avec une sorte de journaliste moins que plus préparé. C’est un vain sport d’adresse pour ceux pour lesquels l’information est autant moyen que raison de vivre.

Alors, vraiment, bruit et fureur mesurent-ils valeur, connaissance et information ?

Que nenni.

Curiosité, débat, dialectique, raison font le lit du doute, souvent vu par la doxa extrémiste comme un désordre de l’arrogance.

L’électeur, lui, ne sait qu’une seule chose, les bons élèves ont failli.

Blair le menteur et Boris le faiseur.

Chirac, le dopé parleur, et le mol François hâbleur.

Gerhard et Angela, vendus et russifiés, contre Scholtz et Merz, débordés et noyés.

Aujourd’hui, Sánchez dans l’excès pour cacher ses larcins, comme naguère Pujol ses vols.

Alors, dit la rue : oui ! Les « tocards » ne feront peut-être pas plus mal, pourquoi ne pas les essayer ?

Mais mentir et voler à ses compatriotes, est-ce moins mal qu’intelligence avec l’ennemi ?

Question sévère pour des ignorants, même Claude n’y répondra pas.

La situation est grave pour chacun et particulièrement incertaine et périlleuse pour nos enfants.

L’ordre international ne se reconstruira pas sur la faiblesse et l’incompétence.

La réparation de la Terre ne sera pas à perspective d’autruche.

La construction d’échanges apaisés entre les peuples ne pourra coexister avec des religions totalitaires.

Le déficit de travail des vieux pays ne se comblera que dans le consentement, soit par des séjours à durée limitée, soit par des personnes culturellement assimilables et assimilées.

Toute gouvernance ne peut se construire hors de la connaissance partagée et d’une conscience collective du bien commun. Tous doivent accepter la règle d’or égalitaire qui veut que chacun assume devant la société le poids « balancé » de toutes ses erreurs.

Si l’Europe bascule sous le joug des populistes au pire moment de son Histoire contemporaine, ce sera le choix de ce que l’on appelait innocemment « appeasement » il y a quatre-vingt-dix ans. Ce fut l’ouverture de la pire des catastrophes de toute l’histoire du monde.

Qui, aujourd’hui, a conscience de cet enjeu ?

Certainement pas la classe politique européenne, hélas bien terne.

Le déclin démographique, épidémie européenne, les impasses qu’il crée, les besoins qu’il engendre et les moyens – financiers – qui s’évanouissent à due proportion, ajoutent des opportunités aux fantasmes d’aspirants au pouvoir, inutiles, ambitieux et amoraux, qu’ils soient septuagénaires ou trentenaires.

Ce pouvoir, qui n’existe plus, reste bizarrement leur Graal. On en distingue les vulgaires aimants : protection du Kompromat, maquillage de corruptions en investissements et moyen d’exister dans une sorte de « télé-réalité » étourdissante et vulgaire, etc.

Heureusement, ici et là des scrutins démentent le sentiment d’égotisme, d’apathie et de simplisme que donne le corps électoral européen. Cependant, quelques îlots accueillent encore le sens du « bien commun » dans nos vieilles démocraties, espoir plus ou moins fragile.

Alors ! Laissons surgir et accompagnons le courage, la rigueur, la sagesse et le réalisme qui vaincront ces populistes de tout poil.

 

Ad augusta per angusta

 

Pierre Brousse

21 mai 2026

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