SATAN CONTRE SATAN

Finalement, le sommet Xi-Trump va bien avoir lieu.

Après avoir pensé que le faible Poutine pouvait être extrêmement rentable pour la Camarilla de Mar-a-Lago, c’est vers Xi qu’il faut se tourner pour résoudre à la fois les deux grandes questions politiques pendantes : rétablir les deux premières économies du monde et solder le conflit irano-israélo-américain.

Au cours des derniers mois, chacun a essayé de renforcer sa « main » avec les mêmes outils : escarmouches sur les livraisons de matériel militaire, pressions sur les clients ou sur ce qui reste d’alliés à chacun, « moulinets » militaires en mer de Chine, dans le golfe d’Oman, manipulations croisées à Islamabad, jeux à trois ou quatre bandes en Ukraine, agressions et répliques tarifaires, échanges sur les matières premières, échanges de horions verbaux plus ou moins maîtrisés.

Il est probablement illusoire d’espérer une sorte de règlement global de la part de deux régimes confrontés à de fortes pressions internes.

La Chine reconstitue son appareil militaire, mis à mal par l’hubris et la peur maladive de son dirigeant et de son entourage. Les tendances lourdes de sa démographie, et par conséquent les évolutions de sa population active, entravent l’indispensable mise à jour des circuits économiques construits depuis un demi-siècle sur un modèle industriel obsolète, accompagné d’une offre de services — particulièrement financiers — surannée. Si la paix énergétique est indispensable, elle ne sera ni suffisante ni pérenne si Pékin ne renonce pas à un aventurisme militaire en mer de Chine comme à une vision « impériale » de ses échanges économiques.

À Washington, les rodomontades ridicules du président ne masquent pas sa nudité. Pourtant, Wall Street bat des records ; les blue chips battent des records, souvent avec l’appui de la commande publique. Mais, au fond, tout est fait pour creuser un fossé avec « Main Street », soumise à une sévère inflation, qui abhorre la guerre, d’autant qu’elle est responsable de la dette abyssale d’un pays dont l’énormité des dépenses militaires ne produit pas d’effets sur le terrain.

Enfin, le dernier vrai allié, Israël, n’aide pas beaucoup. Pourtant, sa cause était juste : en finir avec les mollahs terroristes de Qom. Mais un mariage politique avec des fanatiques religieux irresponsables, dicté par une menace pénale sur son dirigeant, a ruiné ses soutiens occidentaux et est mis à mal par une partie croissante de l’électorat américain, qui se prépare à aller massivement voter pour probablement sanctionner Trump.

Alors Donald, qui, lors de ses faillites, en a vu d’autres, va affronter en Chine un homme dont il a besoin ; le sait-il ?

De son côté, il faudra que Xi encaisse de bons bénéfices à court terme et à long terme pour faire un effort qui s’écarte du statu quo.

Attendons ; de toute façon, cela sera un événement. N’espérons pas un congrès de Berlin ou de Vienne* !

 

Pierre Brousse

14 mai 2026

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