Résumé de l’article
Les armateurs doutent de la sécurité du plan américain de guidage des navires bloqués dans le détroit, sur fond de menaces iraniennes.
Notre commentaire
De fait, le Guardian pose bien les problèmes fondamentaux de la navigation maritime contemporaine.
La première question est liée à la liberté de navigation en haute mer et dans les détroits en particulier, garantie par la Conférence du droit de la mer et donc le droit international.
Le principe de la navigation en haute mer s’il n’est plus garantit par le droit devient garanti par les armes. On comprend que la géographie joue un rôle fondamental en cette matière.
Il est clair que le Pas-de-Calais n’est pas Gibraltar, ni le Bosphore Ormuz.
Dans l’affaire iranienne on cumule toutes les anomalies : premièrement la » compétence » des deux riverains du Détroit lui-même (Iran et Oman), deuxièmement les intérêts de tous les pays riverains du Golfe Persique.
Le chantage au péage, agité par l’Iran comme par les États-Unis, ajoute le désordre au désordre et met sur le tapis d’une « négociation militaire », un élément économique que le droit et le bon sens interdisent de négocier.
La deuxième question est une vieille question remontant à l’Antiquité et qui concerne les garanties portant sur les contenants et les contenus.
On comprend qu’au XXIe siècle, compte-tenu de l’importance immense du trafics maritime sur la valeur totale des échanges, tout coût supplémentaire qui grève l’économie du transport maritime se répartit également sur les producteurs et les consommateurs.
Par conséquent, cela obère et ralentit les échanges.
Les armateurs ont le rôle difficile d’évaluer leur risque et de choisir sa couverture.
Leurs assureurs, qui sont presque tous localisés dans les pays développés, doivent à l’aveugle harmoniser leurs coût avec des données macro-économiques sur lesquelles en l’espèce, ils n’ont aucune prise.
Le prix de la mutualisation des risques est un passager clandestin de la négociation d’Islamabad.
PB
7 mai 2026

