À l’intérieur du pays, tout est flou et chaotique. Il a suffi d’un casinotier ignare, vaniteux et mal élevé : Donald, pour révéler le rêve de Thiel, Vance, Bannon, Bezos, Kushner, Witkoff et autres.
Depuis l’attaque du Capitole il y a eu matière à s’inquiéter. Puis Epstein a matérialisé un tournant. Puis le Venezuela sans changement, puis de nouveau ICE, puis la Norvège et le Nobel ! Puis le Groenland, puis Davos, puis le Canada, puis encore ICE et ses meurtres et ses enlèvements d’enfants. Aussi, des violations continuelles de la Constitution et de la Loi, des menaces et des règlements de comptes via DOJ, des discours confus, des jambes gonflées, une insuffisance cardiaque patente, un bronzage rougeoyant, Trump-coin, etc.
Il y aurait deux sujets.
D’abord le fric.
Si la première année n’a pas été trop mauvaise, un peu moins de trois milliards pour lui, il faut absolument accélérer le rythme. Alors on cravate une quinzaine de « supers plaques » en cash, à quelques potes tyrans amateurs : « C’est pour la Paix » et ça donne du standing à ces garçons d’abattoir. Cela permettra à Kushner et Witkoff de continuer à faire les poches des gros clients : la Tech, le Golfe, Moscou et ailleurs.
Ensuite la taule.
Il faut encore tout faire !
Comme il semble que les MAGA aient un « coup de mou », créons les conditions du désordre. Il faut être prêt à annuler ou s’assurer d’un décompte « correct » pour les mid-terms. Sans cela on risque Impeachment ou peut-être beaucoup plus grave. Alors grosse méfiance ! À tout prix on doit garder ouverte la boutique à Washington. On y arrivera, on a vu faire pire ou mieux : l’incendie du Reichstag.
À l’extérieur des USA.
Ce qui gêne les vieux démocrates c’est la vulgarité « Mussolinienne », l’incurie et l’avidité de l’entourage, la foire à la saucisse d’insultes et de provocations.
Mais sur le plan des grands équilibres mondiaux, d’un seul coup tout est limpide.
Si les lignes se sont progressivement et continuellement modifiées depuis Bush fils, aujourd’hui nous sommes seuls, confrontés à deux ennemis : la Chine et une Amérique qui ne s’autorise plus de second front.
Nous ne pouvons accepter d’être une variable d’ajustement ou une monnaie d’échange.
Quant au Moyen-Orient, les USA lui enjoignent de se reconstruire autour des poids lourds pétroliers en harmonie avec un Israël « raisonnable ».
L’Amérique latine et l’Afrique doivent demeurer aux ordres.
Les démocraties, le Canada, le Japon et quelques autres doivent rester payeurs silencieux et obéissants.
Ici, en Europe, on a péniblement compris. Mais il faudra encore nous battre contre les rêves de McKinley ou de Wilson. Nous avons tout de même l’avantage d’être pris pour des imbéciles décadents par un vieillard sénile flanqué d’épigones avides.
C’est une chance (historique) ! Utilisons-la au max !
Pierre Brousse

