INCURIES & ABOULIES FRANÇAISES

Chaque jour, depuis de nombreuses années, la classe politique française, presque dans son entier, donne un spectacle misérable.

Nous sommes aujourd’hui sur le chemin des catastrophes engendrées par le régime des partis qui nous conduisit à la défaite de juin 1940, et au « coup » de mai 1958.

L’incurie financière et économique, voulue ou feinte, des membres du Parlement ne pourra ni n’autorisera, en l’état, un quelconque redressement.

Aux racines de tout cela ? L’inexactitude ou plutôt l’illisibilité des données chiffrées communiquées non seulement par le Ministère des Finances, mais aussi par la plupart des organismes en charge. Le COR est un exemple frappant, lui qui ne sait pas – alors que c’est son rôle – calculer à cent milliards près ni le coût total, ni le déficit du régime des retraites. De même, le Ministère du Budget qui ne connaît pas le nombre exact des fonctionnaires, et le Parlement qui n’a pas su se doter d’un organisme technique indépendant capable de simuler l’impact économique de nos politiques fiscales.

Cette incurie et ces ignorances « calculées » font partie d’un système qui ne vise qu’à exonérer la classe politique de ses responsabilités.

Ces représentants d’un peuple – hélas peu au fait de la chose budgétaire et financière – sont « bien secondés » par des partenaires sociaux, soit syndicats de salariés peu représentatifs, enfermés dans un proto-marxisme indigeste et mal digéré, soit représentants d’un patronat d’une effrayante pusillanimité. Tout ce beau monde a peur de son ombre.

Pourtant, tant que nous sommes une vraie démocratie la voie est libre ! On peut faire du Zucman, à grand ou petit feu, et nationaliser par spoliation l’économie Française. Ou encore faire du Hollande et d’emblée écraser d’impôts ménages et entreprises.

Ou encore faire du Mitterrand : tout nationaliser par la dette, négliger la démographie et envoyer les gens à la retraite à soixante ans, puis, aussi, les mineurs à moins de cinquante.

Ou enfin faire du Juppé-Chirac et « caner » aux premières grèves longues.

Tout cela fait le jeu des extrémismes de tout poil.

La volonté de faire de vraies économies n’a jamais été. Pensez ! Il aurait fallu du courage politique. Même maintenant les droites, classiques ou extrêmes, n’en veulent pas.

On doit trouver, par année, au moins cent cinquante à deux cents milliards d’économies.

Faisable, en acceptant :

  • Une sévère réduction d’effectifs dans la fonction publique, accompagnée d’une politique de rémunération attractive,
  • Une réorganisation des compétences de l’État et des collectivités publiques,
  • Un rééquilibrage pérenne du système de financement des retraites,
  • Une réorganisation du service public de la santé, calée sur la transparence des coûts et la protection des actifs,
  • La suppression des subsides publics nationaux aux entreprises (150 à 200 milliards). Complétée par une cinquantaine de milliards d’allègements d’impôts sur la production.

Pas d’autre moyen que de toucher à la structure même de l’État « millefeuille », aux impasses de l’État-providence et de réellement procéder chaque année à une révision à la fois du périmètre des missions de l’État et de la qualité de leur exécution.

Au total ce sont 12 à 13 % des dépenses publiques ou 5 à 6% du PIB qui sont en cause. C’est à la fois énorme et accessible.

Le temps de réalisation est crucial. Il doit être très rapide, donc douloureux pour les perdants qui (instantanément) seront nombreux. On pourrait cyniquement ajouter que ces perdants (temporaires) seront moins nombreux si nos Institutions agissent maintenant, proprio motu, plutôt que sous la pression d’une faillite de notre État qui surviendra, mécaniquement, si nous restons immobiles ou quasi immobiles.

Aboukir ou Trafalgar ? Les Mutineries de 1917 ? Le Sabordage de Toulon 1942 ? Dien Bien Phu 1954 ?

Je préfère Verdun ou Bir Hakeim.

Bonneteau ? Qui perd gagne ? Jeu de la grenouille ?

Je préfère les Échecs ou le Tarot à 5.

Les Hourras de Valmy sont loin. Mais si les Français sont braves, un timide soleil couchant de décembre pourrait comme à Austerlitz marquer le début du relèvement de notre vieux pays.

Sans cela, mondialisation oblige, nos politiciens de tout bord se féliciteront d’avoir, à coup d’impôts et de démagogie, poussé dehors nos forces vitales et ruiné notre modèle démocratique.

Cela ne changera pas leurs destins inutiles.

Alors que notre continent est attaqué, qu’un vieil allié nous lâche et nous punit, que l’Orient et l’Afrique sont en flammes, que le multilatéralisme est mort… Vous avouerez que toute cette médiocrité mérite le nom de trahison.

Nulla insomnia

 

P.B.

9 novembre 2025